Posts Tagged “Eureka seveN”

Aspect quasiment absent d’un point de vue scénaristique, Eureka seveN est pourtant bourré de clins d’oeil à la culture musicale. Preuve une fois de plus s’il en était besoin, du background réfléchi et fouillé de cette série spécialement conçue pour le format TV. Eacil avait fort bien développé il y a quelques mois de cela quelques unes des références littéraires présentes dans la série, je vais donc évoquer (de manière bien moins analytique certes) un autre point intéressant et plutôt bien développé. Comme quoi, pas besoin de sound boosters, de deculture ou de robots chantants pour parler musique dans un anime de mecha.

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Annoncé pour la première fois en avril 2008 dans le magazine Newtype, Eureka Seven: Pocket ga Niji de Ippai (changé en Eureka seveN: Good night, Sleep tight, Young lovers pour sa version internationale), un film basé sur l’univers développé dans la série du même nom, est sorti en avril dernier dans les salles obscures nippones, et en dvd en juin. Mais il a également fait l’objet d’une diffusion pour nous autres pauvres occidentaux, à Paris au Japan Pop Culture Festival début juillet, et à Montréal au festival Fantasia à la fin du mois. Sorti trois ans après la fin de la série qui finalement n’a connu qu’un succès critique plutôt qu’un succès commercial, ce film aurait pu être l’occasion de redonner un second souffle à un anime qui aurait mérité plus d’attention de la part du grand public. Aurait pu.
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Il n’est pas rare pour les animes originaux de se voir adaptés par la suite sous d’autres formats. C’est le cas de Eureka Seven, qui a connu à la suite de sa diffusion en anime plusieurs jeux vidéo se déroulant dans le même univers, un film diffusé actuellement sur les grands écrans japonais, et ce qui nous intéresse ici, un manga publié dans le Monthly Shonen Ace en 23 chapitres et 6 tomes. C’est Kana qui s’est chargé de l’adaptation française pour la parution reliée chez nous, terminée depuis quelques mois maintenant. Les adaptations d’animes en mangas, je ne sais pas vous mais moi ça m’effraie toujours un peu. Ca doit être le fait de penser irrémédiablement aux massacres qu’ont subi Cowboy Bebop ou Escaflowne lors de cette même conversion. Heureusement, ici le bilan est quand même loin d’être aussi négatif.

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Plutôt qu’une simple adaptation fidèle de l’anime, les auteurs Jinsei Kataoka et Kazuma Kondou nous offrent une version différente de l’histoire, en reprenant toutefois les mêmes protagonistes et le pitch de base. Ce qu’on appellerait dans le milieu de la fanfiction une AU (pour Alternative Universe). Le premier tome suit ainsi à peu près les premiers épisodes de l’anime, mais dès le deuxième volume, les évènements qui se passent dans le manga n’ont plus d’équivalent. Globalement la trame de fond reste la même (l’opposition Humanité/Coraliens et la problèmatique de comment cohabiter sans se détruire, etc.), mais l’action est radicalement différente, plus simplifiée et manichéenne et surtout résolument plus violente.

Les personnages eux souffrent grandement de la comparaison avec leurs versions en animes. Là où c’est un des points forts de la série de les voir évoluer tout du long, je pense surtout à Renton, et ici ils semblent assez figés dans leurs rôles. On a même parfois l’impression qu’ils « régressent » par rapport à l’anime, surtout quand on compare les deux fins respectives. C’est une comparaison assez injuste puisqu’on est censé considérer les deux oeuvres comme bien distinctes, mais elle semble inévitable vu que leur chara-design est identique d’une oeuvre à l’autre.

Si la trame et les personnages sont simplifiés, le manga tire en revanche son épingle du jeu en proposant une version plus sombre, à la limite du glauque. Les coraliens par exemple n’ont jamais été aussi flippants dans l’anime et certains passages les mettant en scène font vraiment froid dans le dos. Les bastons sont également plus violentes, n’hésitant pas à trancher, couper et montrer du sang, là où l’anime, bien que non dépourvu de violence, jouait plutôt sur la suggestion. C’est vraiment là que brille la version manga et qui la fait différer grandement de l’original, en jouant la carte de l’anxiogène et de la violence graphique, le monde qu’il nous montre nous paraît ainsi encore plus désespéré et pessimiste. Et si les auteurs délivrent toutefois une lueur d’espoir optimiste dans le dernier chapitre, ils prennent cependant soin de terminer sur une note bien triste, s’éloignant encore plus du matériel d’origine et confirmant ainsi que le manga sera bien le « côté sombre » d’Eureka Seven.

Cette ambiance doit d’ailleurs beaucoup au trait graphique des deux mangakas, particulièrement doués pour représenter ces formes de vie organiques étrangement faites que sont les Coraliens, de manière à les rendre bien glauques et inquiétants. Les décors sont aussi très détaillés et les fans de l’anime apprécieront que les chara-design des persos ainsi que des mechas soient très respectueux de leurs originaux designés par respectivement Kenichi Yoshida et Shoji Kawamori.

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Quelques mots sur l’adaptation française de Kana, qui est loin d’être irréprochable. La traduction n’est globalement pas vraiment fluide tout du long de la série avec des niveaux de langage peu adaptés pour certains personnages, quelques non-sens ( le plus choquant étant Dominic qui est considéré comme un personnage féminin par le traducteur pendant les trois premiers tomes avant qu’il ne réalise son erreur), et pire, les premiers tomes comportent des fautes d’orthographe assez grossières. De plus la traduction choisie ici pour certains noms sonne assez étrangement (Dwei au lieu de Dewey, Thorston au lieu de Thurston, etc.) . On me rétorquera qu’on ne peut connaître que la prononciation avec l’écriture japonaise de toute façon. Certes, mais avec un minimum de documentation, le traducteur aurait pu s’aligner avec l’écriture usuelle de ces noms qu’on retrouve dans l’édition américaine ou française des dvds.

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Finalement à qui s’adresse ce manga ? Ce n’est pas un complémentaire à l’anime qui apporte des réponses supplémentaires mais bien une version alternative qui ne reprend que les personnages et le contexte en les faisant faire face à d’autres évènements. L’expérience est toutefois intéressante pour l’amateur de la version animée grâce à la représentation de ce monde en plus glauque et apocalyptique que l’anime, mais le fait que les personnages et l’intrigue soient très simplifiés en décevra certainement. Et si on le considère en tant que manga indépendamment du reste, il n’a pas vraiment de gros atout, à part son style graphique et quelques beaux moments de bravoure.

Et sinon pour ceux qui n’ont pas encore craqué pour la version animée (qui elle, est un must have), sachez que Beez a récemment sorti un coffret regroupant la première moitié de la série pour une soixantaine d’euros, ce qui est quand même plus abordable que les dvd à l’unité.

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